CDI*** de Vidauban – A pas de loup sur la piste aux étoiles.

CDI*** de Vidauban – A pas de loup sur la piste aux étoiles.
9h09 ... Mistral est contracté, je sens son dos se durcir, il n'est pas très disponible ce matin-là. Nous déroulons une reprise sans grosse faute avec un joli travail au trot, mais le pas est moins ample que d'habitude et le galop plus crispé. Je sors de piste déçue car je sais que nous n'avons pas donné le meilleur de nous-mêmes ... Nous terminons cependant à la 5ème place et je profite du tour d'honneur pour chercher à le décontracter.

17h, la chaleur étourdissante fait tourner les têtes. Il est pourtant l'heure de prendre la direction de la détente avec Germanicus. Le cheval va bien, mais il accuse la tiédeur de l'air. Sur le rectangle, il n'est pas aussi concentré que d'habitude, je ne le sens pas avec moi, nous commettons des fautes sur les deux lignes de changement de pied ... Je sors déçue, une fois de plus en proie au doute ... Pourquoi je n'ai pas réussi à le garder concentré ? Qu'avons-nous manqué sur la détente ? Comment se fait-il que le travail de fond progresse mais que je ne le retrouve pas sur la piste ? Tant d'interrogations ... Encore et toujours ... Mais monter à cheval c'est avant tout savoir se remettre en question, comprendre ce qui s'est passé, chercher des solutions. Ce jour-là, Germanicus n'avait pas envie de jouer. Nous sortons à 63,2% et remportons l'épreuve puisque nous étions seuls à en prendre le départ. Malgré les félicitations des gens présents sur le terrain, je garde un goût amer de cette dernière épreuve et nous réfléchissons, avec Hubert, à la stratégie à mettre en place dès le lendemain.

Il est 23h lorsque nous repartons du concours fatiguées et le ventre vide. Sur la route, nous nous arrêtons dans une épicerie encore ouverte. Il est temps d'aller faire reposer nos yeux.

# Posté le samedi 27 juin 2009 14:07

CDI*** de Vidauban – Acte I

CDI*** de Vidauban – Acte I

Un air chaud qui vous brûle la peau, un soleil qui vous force à détourner les yeux et à rechercher la pénombre, des étendues de boxes à perte de vue ... Nous voici à Vidauban, prêts à courir ce CDI*** que nous attendions depuis si longtemps.

10h, il est temps de prendre le chemin du manège pour aller travailler avec Hubert. La sueur nous dégouline déjà le long du dos, mais nous retrouvons de l'oxygène et de la fraîcheur dès lors que nous franchissons les portes du magnifique bâtiment de bois. A l'extérieur, tout est encore calme. Le concours s'anime progressivement et s'installe au fil des heures.

Mistral est légèrement contracté à gauche et quelque peu distrait par une jolie jument pie mais il se prête tout de même au jeu avec toute la gentillesse et la générosité qui le caractérisent. A peine le beau bai douché et rentré dans son boxe, je me remets en selle sur Germanicus. Nous ne sommes que deux à travailler à cette heure tardive de la matinée. Dehors, le chant des cigales assourdit les oreilles des exposants qui se débattent avec leurs stands et le soleil étouffant colore les peaux de rouge et de brun. Occus Poccus est très serein, décontracté, fluide. Hubert est content et sa présence à mes côtés me rassure. J'ai hâte d'entrer sur cette si belle piste que des dizaines de personnes dehors s'affairent à mettre en beauté.

17h – Cela fait deux heures que maman court partout à la recherche du chronopost contenant les passeports FEI de mes deux chevaux. Arrivés à leur date limite de validité, nous les avions envoyés à la FFE de toute urgence à notre retour du concours de La Garde et attendions leur retour depuis quelques jours déjà ... En vain. Cette fois-ci, il ne nous reste plus qu'une heure avant la visite vétérinaire, nous n'avons plus le choix, il faut que l'on localise ce colis de toute urgence. L'espace de quelques minutes, j'envisage alors que nous fassions forfait et que nous reprenions la route de la maison.

17h30 – Ca y est, le chronopost vient d'être retrouvé. Les doutes s'envolent. Il est temps de courir jusqu'à l'écurie et de commencer à natter les chevaux pour la visite vétérinaire.

« Number 209 – Mistral du coussoul – passed »
« Number 253 – Germanicus des Menauts – passed ».

Fin de cette première journée. Demain, nous entrerons sur le rectangle en N°2 avec Mistral, il sera 9h09. Germanicus quant à lui fera son apparition à 18h45 ...
# Posté le vendredi 26 juin 2009 09:35

Appelez le "le cheval aux deux visages" ...

Lorsque la puissance de l'animal lui permet de prendre son envol avec la légèreté de l'oiseau ...

Aux portes des ténèbres, au pied du paradis, mi-ange, mi-démon.

Où m'emmèneras-tu, toi le guerrier qui ne sait voire la vie qu'au travers d'un prisme tout en noir et blanc ?


# Posté le mardi 23 juin 2009 10:20
Modifié le vendredi 26 juin 2009 09:15

Paris – Garde Républicaine – 2ème édition.

Paris – Garde Républicaine – 2ème édition.
Mercredi 27 mai. Lorsque nous franchissons les grilles de la Garde Républicaine, il est déjà tard, le ciel est gris, quelques gouttes de pluie tombent éparses sur le sol laissant planer une légère humidité qui nous court le long de l'échine. Nous longeons ces bâtiments d'écuries immenses, vestiges d'un passé où les chevaux avaient une tout autre place dans Paris. Tout est si calme, tout semble si simple, tout est si serein.

Jeudi, la grisaille nous accompagne toujours, le concours s'éveille doucement. Nos épreuves ne commencent que demain. Nous profitons donc de ce petit répit pour travailler avec Hubert. Mistral est magique, Germanicus un peu plus crispé. Depuis leur arrivée sur le terrain, les deux chevaux ont retrouvé leur calme. Ici, il n'y plus de bagarre pour être chef, ils ne sont plus chez eux, cela fait tant de bien de les retrouver ainsi.

Vendredi, c'est Mistral qui a la lourde tâche d'ouvrir le bal. Il n'a pas refait de concours depuis la finale européenne des Masters Ibériques, en janvier. Nous nous apprêtons à dérouler le nouveau « St Georges ». La reprise se passe bien. Il n'y a aucune grosse faute. En sortant, j'ai le sourire aux lèvres de celle qui, quoi qu'il en soit, a passé un joli moment avec son cheval. Nous terminons 5ème de cette reprise avec 65,7% ... 16h, c'est au tour de Germanicus de faire son entrée sur le rectangle. L'Inter II est fluide malgré un petit accrochage sur le dernier des 11 changements de pied au temps, nous terminons à la 4ème place, au milieu de ces « grands » que j'ai toujours regardé assise dans les tribunes.

Samedi, Inter I ... C'est la première fois que Mistral court cette épreuve mais je n'ai pas le moindre doute et sais que cela ne lui posera pas de difficulté. Un peu crispé à la détente, je le sens rester légèrement « en retrait » sur la piste. Une sensation qui n'atteint pas les juges et, avec 67,5% nous prenons à nouveau la 5ème place du classement. Pour Germanicus, ce ne sera pas la même histoire. Une détente très difficile, des changements de pied qui ne passent pas du tout, un cheval qui monte petit à petit en pression ... Lorsque je fais le tour du rectangle, je sais que le Grand Prix ne va pas être facile à mener jusqu'au bout. Le temps me semble s'allonger, mon grisou ne veut pas jouer, je tente de sauver chaque mouvement mais sais qu'il ne les exécute pas comme d'habitude. C'est donc attristée et en proie au doute que je sors de la piste après avoir fait ce que je pense être une contre-performance. Pourtant, de l'extérieur, les gens n'ont pas l'air d'avoir ressenti cette incompréhension et sont surpris de me voir aussi insatisfaite. Nous terminons cette fois-ci encore à la 4ème place.

Dimanche ... Jour des RLM, ce que je préfère !!! Mistral est un peu contracté dans son dos à la détente. Nous nous appliquons donc, avec Hubert, à essayer de le délier. Chaque fois que je lève les yeux vers la piste, je vois des chevaux peu coopératifs qui semblent avoir plutôt envie de jouer que de travailler. L'année dernière, même lieu, c'était notre première RLM et je me souviens que mon beau Mimi n'avait pas vraiment répondu présent ... Nous verrons bien. La musique commence, nous rentrons, Mistral est d'un calme olympien. Dernier doubler, je ne connais pas bien ce nouveau tracé que j'ai fait en catastrophe peu avant le concours et que je n'ai pas eu le temps de répéter, j'ai peur d'être en retard si je cale ma dernière pirouette sur la ligne du milieu et décide donc de l'évincer ... Mauvaise décision. Je termine en avance sur la musique et sors de piste en m'en mordant les doigts. Pas bien grave. Mistral, lui, a été super, c'est le principal. Les notes arrivent, 68,3% et une 3ème place au général.

RLM Grand Prix ... Celle où l'on peut tout faire, celle où l'on s'amuse, celle que j'attends de courir avec impatience comme une petite fille qui s'apprête à faire son premier concours. Je suis pourtant légèrement inquiète car mon tracé s'enchaîne vite. Si Germanicus ne répond pas présent, ce sera difficile. Au paddock, tout va bien, je le sens détendu, serein, décontracté. Chaque mouvement passe. Il n'est pas fatigué. Nous n'insistons donc pas sur les lignes de changement de pied. Une cloche qui sonne, une main qui se lève, les notes d'Era qui retentissent ... Entrons dans la danse, notre danse ! De mémoire, je ne suis pas sure de m'être déjà fait autant plaisir à monter une reprise et je sens Germanicus gai et joueur lui aussi. Ca pourrait continuer, on pourrait recommencer, on était si bien là, sur cette piste de la Garde Républicaine. La mélodie s'éteint, nous sortons raccompagnés par un public chaleureux. Le week end se termine sur une note très douce. Nous remportons cette reprise avec 69,5%.

6 épreuves, 6 classements. Des satisfactions, des doutes, des imperfections, de nouveaux horizons de travail.
Un entraîneur qui ne cesse de me transmettre son amour du dressage.
Avancer encore. Chercher toujours ...


# Posté le mercredi 10 juin 2009 07:38
Modifié le jeudi 11 juin 2009 13:31

Il m'a prouvé que j'avais tort ...

Il m'a prouvé que j'avais tort ...
Je ne croyais pas en lui.

Aveuglée par Mistral et cette relation si fusionnelle que nous avons tous les deux, je ne voulais pas le laisser entrer dans ma vie. Gris, la mine renfrognée et le tempérament solitaire, Germanicus n'était alors pour moi qu'un cheval parmi tant d'autres. Pourtant, petit à petit, il s'est imposé à la maison, a fait sa place et revendiqué son rang.

Le cheval que j'emmenais au pré tranquillement en licol la tête basse a laissé place à un étalon fier que je dois réprimander par moment tant il se dispute, avec Mistral et Lucifer, la place de Chef. Arrogant, fripouille, bagarreur, il s'est construit, au fil des jours, une autre personnalité. Tantôt attachant, joueur, drôle, appliqué ... Tantôt cancre, insolent, voire odieux... C'est ce cheval-là qui me plaît, ce cheval-là qui me donne envie de bâtir une nouvelle histoire.

CDI Grand Prix réservé aux cavaliers de moins de 25 ans – Saumur 2009. Un engagement rattrapé au dernier moment. Une reprise que nous n'avions jamais déroulé et l'autre que nous connaissions à peine. Un retour dans ce lieu à l'atmosphère si particulière pour moi...

Il m'a prouvé que j'avais eu tort de ne pas croire en lui.

Quel que soit notre futur, je n'oublierai pas ce qu'il m'a offert : avoir la chance de courir le "Grand Tour" à 21 ans.

# Posté le mardi 12 mai 2009 09:34