Déjà petite, je n'aimais que ceux-là, ceux que, bien plus tard, j'appellerai mes « Repris de justice ».
Caractériels, insolents, capricieux, imprévisibles ...Ils portent en eux cette étincelle particulière, ce petit rien qui les rend si différents des autres, ce petit tout qui fait qu'on ne voit plus qu'eux.
Je les connais si bien, ces chevaux-là. Je les aime tant, ces chevaux-là ...
Parce que pour avoir le droit d'être à leurs côtés, il faut avant tout réussir à se faire accepter d'eux. Apprendre à les connaître, chercher à les comprendre. Découvrir ce qui se cache au fond de chacun d'entre eux, chercher la faille, établir le dialogue, apprivoiser la force pour mériter leur confiance ... Savoir courber l'échine pour éloigner leurs peurs. Savoir soutenir leur regard lorsqu'ils ne respectent plus rien d'autre que leurs propres lois.
C'est cette quête-là qui est la plus belle à cheval.
Apprivoiser l'indompté. Comprendre l'incompris. Trouver la clé.
Parce que parfois, monopolisée par le carcan de la compétition, je m'éloigne de cet essentiel.
Retour aux sources.
Ne jamais perdre de vue ces leçons de vie que seuls ces chevaux-là savent nous offrir ...


