Une année, deux rencontres, un cheval ... et quel cheval !

Une année, deux rencontres, un cheval ... et quel cheval !
Il s'appelle Donatello du Rivau ENE HN .. un peu long ?! certes ! En fait, on l'appelle "Doudou" ou "Donat" ... parce que ça lui va mieux.

Doudou, c'est l'histoire d'une rencontre et d'une relation que je ne pensais plus jamais pouvoir trouver auprès d'un cheval ... Donat', animal au poitrail incroyablement puissant et au coeur aussi doux qu'une plume, cheval tout en contraste : à la fois joueur, grincheux, espiègle, gentil, ... il est arrogant avec ceux qu'il considère comme des étrangers et incroyablement patient avec ceux à qui il a su donner sa confiance et son amour.

Donatello est entier, pas au sens du "mâle", mais dans son caractère. Il faut donc le séduire et le convaincre que l'on ne triche pas ? Savoir se contenter d'être simplement vrai, et de l'aimer pour ce qu'il est, pas pour ce qu'il représente.

Il a donc fallu apprendre à le connaître au fil des jours, découvrir ses petites habitudes, se faire accepter de lui semaine après semaine. Aujourd'hui, je fais partie de son univers, nous avons nos secrets, nos moments privilégiés ... Il est mon meilleur ami, mon confident, un compagnon à la fidélité sans borne.

Nous n'avions pas prévu de tourner en compétition cette année mais notre entente rapide a poussé notre entraîneur à tenter l'aventure, comme ça, juste pour voir, sans que cela ne devienne notre priorité. Le Lion d'Angers, Royan, La Baule, et finalement l'International du Touquet ... Tous ces concours sans la moindre pression, nous étions tous les deux bien trop préoccupés par notre relation privilégiée, le monde alentour nous était devenu étranger.

Et puis, juste avant les Championnats de France, Donat a fait une "myosite", saleté de coup de sang qui a paralysé l'ensemble de ses muscles pendant quelques instants. Son rétablissement sera long, sa rééducation aussi. Lorsque cet incident est arrivé, j'ai réalisé à quel point ce cheval avait pris de l'importance dans mon quotidien. J'ai beaucoup culpabilisé, repassé le planning de cette semaine de travail dans ma tête pour y trouver la faille, et puis je me suis rendue à l'évidence : cet accident n'était la faute de personne, simplement un coup du destin.

L'année prochaine, après les quelques mois de rééducation qui seront nécessaires à Donatello, nous tournerons sur le circuit "Jeunes Cavaliers" de façon plus régulière mais toujours dans le même état d'esprit, notre relation restera la même, sinon la compétition ne m'intéressera plus. Je veux que notre quotidien reste celui que nous avons partagé ces six derniers mois. Nous continuerons notre bonhomme de chemin, Fabien, Doudou, et moi.

Notre histoire avec Donat ne repose pas uniquement sur ce cheval, elle repose aussi sur celui qui l'a dressé, qui me l'a prêté, et qui nous entraîne tous les deux chaque jour ... Il s'appelle Fabien Godelle, cavalier exceptionnel, coach particulièrement attentif, pointu, et patient. Homme au grand coeur et aux valeurs profondes, Fabien est comme son cheval : Avec lui, on ne triche pas et derrière une pointe de timidité se cache une sensibilité à fleur de peau ... Un état d'esprit que je connais bien puisque c'est aussi le miens. Pour la première fois, j'ai la chance d'avoir un entraîneur avec lequel je fonctionne en parfaite osmose. Sa présence à mes côtés lors des compétitions me rassure, ses conseils me permettent de progresser chaque jour, et sa bienveillance m'aide à dépasser mes peurs.

Cette histoire ne parle donc pas d'une seule rencontre mais bel et bien de deux ... celle d'un cheval que j'aimerai toujours, et celle d'un homme auquel je dois beaucoup ...

Merci à eux

# Posté le lundi 11 septembre 2006 15:12

Modifié le lundi 20 août 2007 15:47

Si la perfection avait un nom ... elle s'appèlerait Kazan

Si la perfection avait un nom ... elle s'appèlerait Kazan
Kazan, poney bai d'1m27 ... petite merveille dont la fougue se lit au travers des yeux, génie des barres, incarnation de la vie, il pourrait sortir d'un tableau de Géricault ... Car Géricault les aimait comme ça : plein de sang, de courage, de force, vifs et brillants, intelligents et orgueilleux ... Oui, car Kazan est orgueilleux. Il aime qu'on le regarde, qu'on se retourne sur lui lorsqu'il est dans la carrière. Il fait partie de ces chevaux à la classe inégalable et à la noblesse incroyable dont la seule apparition donne tout son sens à la désormais célèbre phrase de Georges Louis Buffon : "Le cheval est la plus belle conquête de l'homme".

# Posté le lundi 11 septembre 2006 08:47

Modifié le mardi 12 septembre 2006 09:45

Premier amour, premier chagrin, comme le shampooing : la formule 2 en 1 !

Premier amour, premier chagrin, comme le shampooing : la formule 2 en 1 !
Jolie frimousse, yeux pétillants de malice, caractère bien trempé mais coeur en or ... elle s'appelle Shapati, mesure 1m18 au garrot et fait désormais le bonheur de mon petit frère, Morgan.

Elle a été ma compagne de mes 5 ans à mes 10 ans. Avec elle j'ai été à l'école du bonheur, de la tendresse, de la joie, des chutes, de l'opiniâtreté, de l'osmose ... l'école de la vie pour un enfant qui ne demande qu'à grandir au milieu de ses rêves rendus réalité grâce à une petite boule de poils grise à l'intelligence hors du commun.

Et me voilà aujourd'hui, immense à côté d'elle et nostalgique de ces grands galops dans les champs, de ces envolées impressionnantes, de ces moments de pur bonheur et de joie intense partagés avec elle ...

# Posté le lundi 11 septembre 2006 08:36

Modifié le mardi 12 septembre 2006 09:45

"Elle s'appelait Clyde et pourtant, c'était une fille"

"Elle s'appelait Clyde et pourtant, c'était une fille"
Clyde de Mai ... plus connue sous le surnom de Miltonette. Elle a été ma complice sur les terrains internationaux pendant près de deux années, me donnant tout ce qu'elle avait (bien qu'elle ait été un peu capricieuse parfois), m'offrant sa générosité, son immense talent et, surtout, sa personnalité hors du commun.

Clyde, petit clown gris exclusive elle aussi. Elle qui me levait le postérieur à chaque fois que je rentrais dans le boxe pour me signifier qu'avant de la travailler il allait falloir que je lui gratte les mamelles, elle qui m'appelait de son pré quand elle me voyait arriver à l'autre bout de l'écurie, elle qui préférait sauter des montagnes à la maison que partir en concours ...

Nous aimions notre quotidien, notre intimité. Oui, je crois que c'est ça, nous n'avions pas envie d'être jugées sur notre relation privilégiée. Je refuse de la mettre au vulgaire rang de bête de concours, elle vaut tellement mieux ! Alors c'est vrai, nous avons peut être été moins performantes que nous aurions pu l'être (encore que, réserviste des europes ce n'est tout de même pas si mal) mais nous avons passé des moments magiques à se balader toutes les deux, à cueillir des cerises (moi essayant d'en sauver quelques unes pour la maison et elle arrachant goulument les feuilles des cerisiers), à marcher dans l'eau d'un canyon, à galoper dans les champs ... autant de petits moments de bonheur sincère et profond partagé à deux. Les concours, et surtout les internationaux, provoquent souvent une relation superficielle avec nos chevaux, seuls les résultats comptent, on en oublie le vrai : aimer son cheval pour ce qu'il est et non parce que l'on gagne ! Entre nous deux rien de tout ça ne s'est passé. J'ai aimé cette ponette parce qu'elle avait, avant tout, un tempérament exceptionnel.

Evidemment, je ne vous dirais pas le contraire, nos victoires m'ont fait énormément plaisir ... mais pas plus que nos moments de tendresse !

Aujourd'hui Clyde est retournée dans son élevage, auprès de Sophie et Corinne que je ne remercierai jamais assez et d'Ice, leur étalon. Elle coule une belle retraite et poulinera bientôt.

Elle sera, j'en suis sûre, la plus merveilleuse des mamans. Ses yeux doux remplis d'amour protégeront ses poulains et elle saura prendre son air grognon pour les réprimander lorsqu'ils feront des bêtises ... elle éduquera comme il le faut nos petits champions de demain.

Alors rendez vous dans quelques années ... et surtout, n'oubliez pas, si vous croisez sur votre route une belle ponette grise qui parle et qui ne cesse de jouer au clown ... passez lui la main sous le ventre, vous verrez, elle saura vous en être reconnaissante ;-)

# Posté le dimanche 10 septembre 2006 05:15

Modifié le dimanche 10 septembre 2006 06:18

"Le cheval nous apprend ce qu'est la domination de soi."

"Le cheval nous apprend ce qu'est la domination de soi."
Foy ... jument alezane à la délicatesse légendaire et au tempérament de feu. Avec elle j'ai vécu mes plus beaux moments équestres tout comme mes plus grands moments de doutes et d'angoisse.

Elle est le reflet de moi-même et ensemble, nous ne formons qu'une.Nous sommes chacune suspendue au souffle de l'autre.Lorsque je la retrouve aujourd'hui et que nous nous accordons quelques moments toutes les deux, c'est pour jouer, travailler des exercices que nous connaissons désormais par coeur, enchaîner des figures qui nous paraissaient à l'époque insurmontables et qui pourtant, aujourd'hui, nous semblent si simples ... Ensemble nous atteignons cette hauteur entre ciel et terre qui n'existe pas mais qui, selon Jérôme Garcin, est l'endroit où nous sommes heureux et libres avec notre cheval.

Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi : Nous avons traversé d'innombrables tempêtes et éviter de justesse des naufrages qui semblaient pourtant annoncés ... Et puis notre sueur a payé et c'est elle qui m'offrit mes premières sélections tricolores, en décembre 2001 ...

Foy, jument exclusive, excessive, jument d'une seule cavalière. Notre histoire n'appartient qu'à nous deux.

Parce que je peux l'aimer comme la haïr, parce qu'elle ne provoque en moi que des sentiments extrêmes, parce que je lui appartiens à jamais, elle est et elle restera : le cheval de ma vie.

# Posté le dimanche 10 septembre 2006 04:49

Modifié le dimanche 10 septembre 2006 06:14