Paris – Garde Républicaine – 2ème édition.

Paris – Garde Républicaine – 2ème édition.
Mercredi 27 mai. Lorsque nous franchissons les grilles de la Garde Républicaine, il est déjà tard, le ciel est gris, quelques gouttes de pluie tombent éparses sur le sol laissant planer une légère humidité qui nous court le long de l'échine. Nous longeons ces bâtiments d'écuries immenses, vestiges d'un passé où les chevaux avaient une tout autre place dans Paris. Tout est si calme, tout semble si simple, tout est si serein.

Jeudi, la grisaille nous accompagne toujours, le concours s'éveille doucement. Nos épreuves ne commencent que demain. Nous profitons donc de ce petit répit pour travailler avec Hubert. Mistral est magique, Germanicus un peu plus crispé. Depuis leur arrivée sur le terrain, les deux chevaux ont retrouvé leur calme. Ici, il n'y plus de bagarre pour être chef, ils ne sont plus chez eux, cela fait tant de bien de les retrouver ainsi.

Vendredi, c'est Mistral qui a la lourde tâche d'ouvrir le bal. Il n'a pas refait de concours depuis la finale européenne des Masters Ibériques, en janvier. Nous nous apprêtons à dérouler le nouveau « St Georges ». La reprise se passe bien. Il n'y a aucune grosse faute. En sortant, j'ai le sourire aux lèvres de celle qui, quoi qu'il en soit, a passé un joli moment avec son cheval. Nous terminons 5ème de cette reprise avec 65,7% ... 16h, c'est au tour de Germanicus de faire son entrée sur le rectangle. L'Inter II est fluide malgré un petit accrochage sur le dernier des 11 changements de pied au temps, nous terminons à la 4ème place, au milieu de ces « grands » que j'ai toujours regardé assise dans les tribunes.

Samedi, Inter I ... C'est la première fois que Mistral court cette épreuve mais je n'ai pas le moindre doute et sais que cela ne lui posera pas de difficulté. Un peu crispé à la détente, je le sens rester légèrement « en retrait » sur la piste. Une sensation qui n'atteint pas les juges et, avec 67,5% nous prenons à nouveau la 5ème place du classement. Pour Germanicus, ce ne sera pas la même histoire. Une détente très difficile, des changements de pied qui ne passent pas du tout, un cheval qui monte petit à petit en pression ... Lorsque je fais le tour du rectangle, je sais que le Grand Prix ne va pas être facile à mener jusqu'au bout. Le temps me semble s'allonger, mon grisou ne veut pas jouer, je tente de sauver chaque mouvement mais sais qu'il ne les exécute pas comme d'habitude. C'est donc attristée et en proie au doute que je sors de la piste après avoir fait ce que je pense être une contre-performance. Pourtant, de l'extérieur, les gens n'ont pas l'air d'avoir ressenti cette incompréhension et sont surpris de me voir aussi insatisfaite. Nous terminons cette fois-ci encore à la 4ème place.

Dimanche ... Jour des RLM, ce que je préfère !!! Mistral est un peu contracté dans son dos à la détente. Nous nous appliquons donc, avec Hubert, à essayer de le délier. Chaque fois que je lève les yeux vers la piste, je vois des chevaux peu coopératifs qui semblent avoir plutôt envie de jouer que de travailler. L'année dernière, même lieu, c'était notre première RLM et je me souviens que mon beau Mimi n'avait pas vraiment répondu présent ... Nous verrons bien. La musique commence, nous rentrons, Mistral est d'un calme olympien. Dernier doubler, je ne connais pas bien ce nouveau tracé que j'ai fait en catastrophe peu avant le concours et que je n'ai pas eu le temps de répéter, j'ai peur d'être en retard si je cale ma dernière pirouette sur la ligne du milieu et décide donc de l'évincer ... Mauvaise décision. Je termine en avance sur la musique et sors de piste en m'en mordant les doigts. Pas bien grave. Mistral, lui, a été super, c'est le principal. Les notes arrivent, 68,3% et une 3ème place au général.

RLM Grand Prix ... Celle où l'on peut tout faire, celle où l'on s'amuse, celle que j'attends de courir avec impatience comme une petite fille qui s'apprête à faire son premier concours. Je suis pourtant légèrement inquiète car mon tracé s'enchaîne vite. Si Germanicus ne répond pas présent, ce sera difficile. Au paddock, tout va bien, je le sens détendu, serein, décontracté. Chaque mouvement passe. Il n'est pas fatigué. Nous n'insistons donc pas sur les lignes de changement de pied. Une cloche qui sonne, une main qui se lève, les notes d'Era qui retentissent ... Entrons dans la danse, notre danse ! De mémoire, je ne suis pas sure de m'être déjà fait autant plaisir à monter une reprise et je sens Germanicus gai et joueur lui aussi. Ca pourrait continuer, on pourrait recommencer, on était si bien là, sur cette piste de la Garde Républicaine. La mélodie s'éteint, nous sortons raccompagnés par un public chaleureux. Le week end se termine sur une note très douce. Nous remportons cette reprise avec 69,5%.

6 épreuves, 6 classements. Des satisfactions, des doutes, des imperfections, de nouveaux horizons de travail.
Un entraîneur qui ne cesse de me transmettre son amour du dressage.
Avancer encore. Chercher toujours ...


# Posté le mercredi 10 juin 2009 07:38

Modifié le jeudi 11 juin 2009 13:31

Il m'a prouvé que j'avais tort ...

Il m'a prouvé que j'avais tort ...
Je ne croyais pas en lui.

Aveuglée par Mistral et cette relation si fusionnelle que nous avons tous les deux, je ne voulais pas le laisser entrer dans ma vie. Gris, la mine renfrognée et le tempérament solitaire, Germanicus n'était alors pour moi qu'un cheval parmi tant d'autres. Pourtant, petit à petit, il s'est imposé à la maison, a fait sa place et revendiqué son rang.

Le cheval que j'emmenais au pré tranquillement en licol la tête basse a laissé place à un étalon fier que je dois réprimander par moment tant il se dispute, avec Mistral et Lucifer, la place de Chef. Arrogant, fripouille, bagarreur, il s'est construit, au fil des jours, une autre personnalité. Tantôt attachant, joueur, drôle, appliqué ... Tantôt cancre, insolent, voire odieux... C'est ce cheval-là qui me plaît, ce cheval-là qui me donne envie de bâtir une nouvelle histoire.

CDI Grand Prix réservé aux cavaliers de moins de 25 ans – Saumur 2009. Un engagement rattrapé au dernier moment. Une reprise que nous n'avions jamais déroulé et l'autre que nous connaissions à peine. Un retour dans ce lieu à l'atmosphère si particulière pour moi...

Il m'a prouvé que j'avais eu tort de ne pas croire en lui.

Quel que soit notre futur, je n'oublierai pas ce qu'il m'a offert : avoir la chance de courir le "Grand Tour" à 21 ans.

# Posté le mardi 12 mai 2009 09:34

Adieu, petit Ange blanc ...

Adieu, petit Ange blanc ...


Il m'avait ouvert les portes des rectangles de dressage, fait découvrir les joies de cette si belle discipline, offert l'immensité de sa gentillesse.

C'était un petit Ange blanc sur lequel les gens avaient pris l'habitude de se retourner tant il était beau. C'était un petit Ange blanc que tout le monde aimait tant il était doux. C'était un petit Ange blanc qui aura marqué tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer.

Parce qu'il mérite que l'on se souvienne éternellement de lui.

Sois heureux là-haut Ice. Nous ne t'oublierons pas en bas.

# Posté le mardi 12 mai 2009 09:27

Premiers pas sur le Grand Tour...

Premiers pas sur le Grand Tour...


Un terrain superbe, des installations de rêve, un temps légèrement moins clément que ce que l'on aurait pu souhaiter ... Nous voici, Germanicus et moi joyeusement accompagnés par ma mère et mon petit frère, à Vidauban, prêts à faire nos premiers pas sur le circuit « Grand Tour ».

A la détente, je me répète en permanence cette phrase que notre préparateur mental du Pôle France nous avait enseigné l'an dernier : « Pour être performant lors d'une compétition, il faut savoir être 100% ici et maintenant ». Ne pas se laisser impressionner, faire abstraction de ce qui se passe autour, oublier que Philippe n'est plus là pour me guider au quotidien comme sur mes détentes, me concentrer uniquement sur la technique de chaque mouvement.

Suite à de légers problèmes de santé, nous n'avons pu dérouler les reprises à la maison qu'une seule fois avant le concours et je sais que je manque encore de repères pour que mon tracé soit parfait et que chaque mouvement s'enchaîne sans le moindre heurt. Les changements de pied au temps ne sont pas encore parfaitement calés, le zigzague au galop de la « Pro1 préliminaire » n'est pas toujours fluide, le piaffer de « l'Inter II » est parfois un peu tardif par rapport à la lettre D ...Je connais mes points faibles, je sais quelles sont les erreurs que je peux éviter, mais j'avance encore à tâtons dans ce nouvel univers et manque donc de confiance.

18h05, nous ouvrons le bal dans la « Pro1 Préliminaire ». Autour du rectangle, je jette un dernier regard en direction de ma mère, prends le temps d'inspirer à pleins poumons et nous faisons notre entrée. Germanicus est concentré, serein, à l'écoute ... Je retrouve chez lui cette stabilité qu'a Mistral, je vais pouvoir compter sur lui, il ne me lâchera pas. Trop habituée au « St Georges », je pars instinctivement à droite pour le trot allongé au lieu de tourner à gauche ... Cette erreur, je l'avais déjà faite à la maison, je savais qu'il fallait que je m'en souvienne, mais même si je m'en aperçois tout de suite, il est trop tard. La cloche tarde à sonner et je continue donc, attendant de savoir à quel moment le jury va se rendre compte de la faute. Le tintement se fait entendre quelques mouvements plus tard et nous repreons la reprise dans le bon sens. Le travail au trot se déroule sans encombre, arrive le pas allongé où Germanicus se crispe en apercevant deux poneys non loin de là ... J'essaie de le décontracter sans trop de succès à cette allure mais tout rentre dans l'ordre dès l'instant où nous partons au passage. La suite se déroule bien ... Vient le moment tant redouté : La diagonale de changements de pied au temps ... 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11 ... Ils y sont tous ! Contrat rempli, j'en ris sur le rectangle, nous avons réussi et je suis aux anges ! Nous terminons cette reprise à la 2ème place avec 62,8% malgré mon erreur qui nous coûte cher et le pas instable. Pour une première, je suis ravie de Germanicus qui a mis toute sa bonne volonté à l'oeuvre et ne peux que m'en vouloir de m'être trompée.

Le lendemain, 13h49 ... Au paddock, je sens le cheval un peu moins détendu que la veille et ai plus de mal à l'alléger. Je repasse donc au pas et le marche tranquillement rênes longues pour ne pas laisser le stress s'installer avant de rentrer en piste. Légèrement inquiète à l'idée d'oublier le texte de ma reprise, je le refais une dernière fois dans ma tête avant de franchir les portes du rectangle. Finalement, Germanicus est encore plus disponible que la veille et les mouvements s'enchaînent avec fluidité. Nous terminons « l'Inter II » à 65,63%. Bien sûr, il faut améliorer l'ensemble, perfectionner la qualité de mon tracé, augmenter l'activité des postérieurs de Germanicus, ajouter du brillant ... Bien sûr, la route est très longue et le travail à fournir immense ... Mais ça fait tellement de bien de découvrir de nouveaux horizons, de monter de nouvelles reprises, d'avoir d'autres objectifs !

Parce que je mesure l'immense chance que j'ai d'avoir tous ces bons chevaux à la maison, parce que je mesure le chemin parcouru en quatre ans ...Merci à tous ceux qui ont été là, qui m'ont formée, aidée, soutenue, chacun à leur manière, chacun avec gentillesse, passion et patience car sans ces personnes-là, ma vie ne serait pas la même !

# Posté le dimanche 12 avril 2009 14:56

Flirter avec les portes de l'enfer ...

Flirter avec les portes de l'enfer ...


Etrange ce que parfois le destin peut vous permettre de savoir, avant même qu'il n'ait franchi les portes de votre écurie, que le cheval dont vous allez croiser la route marquera très probablement votre existence à jamais...

Je ne l'avais pas encore vu que pourtant, sans trop savoir pourquoi, ce splendide étalon aux longs crins gris occupait déjà une grande place dans mes nuits agitées. Il s'appelle Lucifer du Coussoul, il vient de passer quatre années de sa vie en Allemagne, et il est désormais à mes côtés, ici, dans ce petit village du sud de la France.

Doté d'un tempérament de guerrier, de la puissance des meilleurs, et de l'arrogance des champions, il fait partie de ces chevaux qui, comme Joeris, dès le premier coup d'½il, ne peuvent vous laisser indifférent.

La route sera longue, le travail à fournir immense, mais quoi qu'il arrive, je sais que cette histoire vaudra la peine d'être vécue... Parce que quoi qu'il en soit, Lucifer marquera mon existence de cavalière du fer rouge de celui qui lui a donné son nom.

Lucifer du Coussoul, nouvelle histoire... Désormais, tout reste à construire ...




# Posté le mardi 07 avril 2009 12:16