Eternel recommencement ...

Eternel recommencement ...
Saint Lô ...

Bizarre comme parfois l'inspiration ne vient pas. Cela fait plusieurs fois depuis notre retour que je me pose devant mon ordinateur sans parvenir à y écrire une ligne ... Pourtant le concours s'est très bien passé, pourtant Mistral était merveilleux, pourtant tout notre petit monde du dressage était là.

Seulement voilà, il y a des périodes de la vie où le doute gagne sa bataille l'espace de quelques jours. C'est alors qu'une remise en question s'impose et que le temps de la réflexion est venu. L'équitation c'est ça, cet éternel recommencement, parce que rien n'est jamais acquis.

Et puis, comme s'il avait ressenti vos peurs soudaines, le cheval qui partage votre vie se plante devant vous alors que vous vous êtes assis dans son boxe pour réfléchir, ses naseaux posés dans votre cou, vous réchauffant de son souffle tiède à chacune de ses expirations. C'est là que vous vous apercevez que la réponse à vos interrogations se trouve juste devant vous ... Parce qu'ensemble, sabot dans la main, vous avancerez pas à pas et bâtirez votre histoire ... Parce que tant qu'il sera là, à vos côtés, vous aurez une raison de vous battre pour gravir les échelons d'un monde difficile ... La mienne, ma raison d'être, s'appelle Mistral.

Parce que déjà petite fille, dans mes rêves les plus profonds, c'était lui, le splendide étalon qui galopait à mes côtés et m'emmenait au bout du monde, par delà les étoiles, à cette hauteur entre ciel et terre qui n'existe pas ...

# Posté le jeudi 13 mars 2008 03:42

Modifié le jeudi 13 mars 2008 15:03

Quand l'équitation devient un refuge.

Quand l'équitation devient un refuge.
Réveil difficile, je regarde par la fenêtre et aperçois ma voiture dans la rue, la vitre brisée, le rétroviseur tordu en arrière comme un pantin désarticulé, la porte enfoncée, martelée de coups de pied dont les traces sont encore fraîches et les empreintes bien nettes.

La vue des cristaux de verre qui jonchent le sol me serre le coeur et la colère m'envahit peu à peu. Blessée, comme si chaque coup porté à ma petite clio m'avait été destiné, emplie d'impuissance et d'incompréhension devant cet acte aussi incompréhensible que gratuit, je voudrais retrouver cet individu que j'ai aperçu dans la nuit pour lui faire payer cette violence absurde. Les mâchoires serrées, mes yeux peinant à contenir leurs larmes de rage, je ne me reconnais pas dans cette colère froide.

Les nerfs à vif, je me mets malgré tout à cheval mais décide de ne faire qu'une toute petite séance craignant de manquer de patience pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions ... Pourtant, comme s'il avait compris, Mistral oppose à cette ambiance pesante qui règne depuis mon réveil un calme olympien. Lui qui, d'ordinaire, est de nature si vive, rayonne aujourd'hui d'une sérénité aussi surprenante que rassurante. C'est ainsi que chaque exercice passe avec facilité, que ses antérieurs s'envolent dans un ballet gracieux et léger, et que ses postérieurs gagnent peu à peu du terrain. C'est alors que mes traits, figés depuis le matin, se décontractent doucement, que mes muscles se détendent lentement, et que mon sourire retrouve sa place sur mon visage.

Là, dans la carrière, protégée par mon cheval et sa si belle candeur, je me sens revivre. Envolée cette rancoeur sous-jacente, j'ai retrouvé la paix, ma paix.

Parce que lorsque je suis avec lui, la bêtise et la rage humaine ne m'atteignent plus ...

# Posté le mardi 19 février 2008 02:51

Etrangement vôtre ...

Etrangement vôtre ...
Lundi, je viens faire son bisou matinal à Mistral. Un rayon de soleil illumine le coin droit de son boxe, il est là, le nez contre la porte du couloir, il m'a vu passer de l'autre côté et sait que je vais arriver d'une minute à l'autre, une fois que j'aurai récupérer ses carottes et ses sucres dans la sellerie. Il m'attend sagement et pourtant, à peine ses friandises avalées, son ½il change, il prend son air de fripouille que je lui connais de plus en plus ces derniers jours ... Il veut jouer.

Commence alors un semblant de partie de cache-cache rythmée par mes éclats de rire et ses petits bruits. Mais quelqu'un vient me parler de l'autre côté de la porte, interrompant notre moment d'intimité le temps d'une discussion. Mistral ne l'entend pas de cette oreille et me le fait comprendre. Il vient me chercher, me fait des bisous, mange mes cheveux, fouille mes poches, secoue sa tête en faisant mine de partir au trot, grince des dents, et finalement, s'énerve devant ma non réaction en attrapant la manche de mon blouson.

Cela fait dix jours environ que notre relation a changé, mon bel étalon devient possessif, il ne supporte pas que je puisse consacrer du temps à quelqu'un d'autre que lui lorsque nous sommes ensemble et, comme un enfant trop gâté, il s'évertue à faire des mimiques pour que je cède à ses avances ... et lorsque ce n'est pas le cas, il se fâche, couche les oreilles et montre ses dents, jamais méchamment, toujours avec respect, simplement pour me faire comprendre que je n'appartiens qu'à lui seul. Alors, le sourire aux lèvres malgré moi, j'interromps ce que je suis en train de faire pour retourner auprès de lui.

Etrange lien qui nous unit tous les deux ... J'aime être à ses côtés, le regarder, jouer avec lui, et sentir que je suis la seule avec laquelle il se comporte ainsi.

Un jour, une histoire, Mistral du Coussoul ...

# Posté le mardi 12 février 2008 08:30

Un ange venu du ciel.

Un ange venu du ciel.
Cela fait maintenant près d'un mois que Mistral a rejoint les écuries du Pôle Espoir. Ensemble, nous faisons nos premiers pas dans l'enceinte de l'ENE. Tranquillement, nous apprenons à nous connaître et déjà notre quotidien s'installe, comme une évidence, comme si notre histoire avait toujours existé, comme si ce boxe qui est désormais le sien n'avait jamais été vide.

Mistral sait que lorsque je viens le voir j'ai des sucres pour lui dans la poche droite de mon blouson. Alors délicatement et avec une pointe d'espièglerie, il fait mine d'attraper ma fermeture éclair, attendant ensuite que je lui donne ces petits rectangles blancs dont il raffole.

Petit à petit, nos habitudes se mettent en place, nous travaillons deux fois par semaine en bride sur les exercices de la reprise et le reste de notre temps se partage entre trottings, séances de gymnastique en filet et longe enrênée. Ses trois belles allures, son incroyable envie d'apprendre, et son don inné pour le dressage facilitent notre progression. Nous prenons simplement notre temps afin de préserver son moral, élément essentiel à son bien être. C'est ainsi que nous nous baladons dans l'école, lui en licol, moi à pied. Sa simple présence à mes côtés me fait du bien, il est cet ami fidèle qui me redonne le sourire lorsque j'ai eu une dure journée. Chaque instant passé à ses côtés, ne serait-ce que lorsque je viens lui faire un simple bisou le matin pour voir si il a passé une bonne nuit, devient une bouffée d'air pur.

Mistral n'a que 8 ans et tant de choses à offrir ... Nous ferons notre première entrée sur les rectangles à Saint Lô fin février et verrons bien ce que l'avenir nous réserve. En tout cas une chose est sûre, c'est que depuis son arrivée à Saumur, il est devenu mon oxygène.

# Posté le samedi 26 janvier 2008 14:30

« Je vais bien ne t'en fais pas » ... 2008 commence en beauté.

« Je vais bien ne t’en fais pas » … 2008 commence en beauté.
Premier jour de l'année, je mets le pied à l'étrier et me hisse sur le dos de mon Donatello. A peine assise, mon gros Doudou ronfle déjà, la queue sur le dos, les oreilles pointées, attendant le moindre prétexte pour sauter en l'air.

Après un début de séance au rythme de ses ronflements sonores dignes de ceux d'un poulain de 3 ans, Donat commence à se détendre. Nous trottons en ligne droite et sur de grandes diagonales, il se déplace comme un seigneur, ses sabots martelant le sol de leur douce cadence.

Après une longue pause, je décide de tenter quelques foulées de galop. Nous changeons de main, le changement de pied passe avec beaucoup de facilité. C'est alors que je tente de recommencer l'exercice mais, sans que je ne lui demande quoi que ce soit, Donatello part dans une ligne de changement de pied au temps. Surprise, nous repartons à l'autre main et, à nouveau, Doudou part dans une ligne au temps, comme par enchantement, avec une facilité déconcertante. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 ... Chaque changement est de plus en plus ample, chaque diagonale est plus longue, je ne l'arrête plus, les oreilles devant, il joue, fier, heureux, il retrouve toutes ses lettres de noblesse.

Soucieuse de ne pas le faire forcer, je décide de le repasser au pas et de le laisser gentiment brouter l'herbe qui jonche le sol de notre carrière. Donat est serein, il ne souffle pas, ses poils sont secs.

Il aura travaillé sans le moindre stress, le moindre effort, comme un cheval qui n'aurait jamais été arrêté ... Pourtant, il revient de loin, pourtant il y a six mois, les vétérinaires ne lui donnaient que quelques jours à vivre ...


# Posté le lundi 14 janvier 2008 14:30