Après un début de séance au rythme de ses ronflements sonores dignes de ceux d'un poulain de 3 ans, Donat commence à se détendre. Nous trottons en ligne droite et sur de grandes diagonales, il se déplace comme un seigneur, ses sabots martelant le sol de leur douce cadence.
Après une longue pause, je décide de tenter quelques foulées de galop. Nous changeons de main, le changement de pied passe avec beaucoup de facilité. C'est alors que je tente de recommencer l'exercice mais, sans que je ne lui demande quoi que ce soit, Donatello part dans une ligne de changement de pied au temps. Surprise, nous repartons à l'autre main et, à nouveau, Doudou part dans une ligne au temps, comme par enchantement, avec une facilité déconcertante. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 ... Chaque changement est de plus en plus ample, chaque diagonale est plus longue, je ne l'arrête plus, les oreilles devant, il joue, fier, heureux, il retrouve toutes ses lettres de noblesse.
Soucieuse de ne pas le faire forcer, je décide de le repasser au pas et de le laisser gentiment brouter l'herbe qui jonche le sol de notre carrière. Donat est serein, il ne souffle pas, ses poils sont secs.
Il aura travaillé sans le moindre stress, le moindre effort, comme un cheval qui n'aurait jamais été arrêté ... Pourtant, il revient de loin, pourtant il y a six mois, les vétérinaires ne lui donnaient que quelques jours à vivre ...




