28 décembre, comme chaque fin d'année, Dolf Keller vient faire travailler les Juniors et Jeunes Cavaliers, nous sommes les premiers à renter en piste. Joeris est chaud, très chaud, mais au lieu de le calmer Dolf me demande de le faire monter en pression d'un cran encore. Je me déplace dans une sorte de nuage de vapeur, résultat d'un contraste étonnant entre le froid glacial qui nous entoure et la chaleur que nous dégageons tous deux.
Joeris trotte merveilleusement bien, à mi-chemin entre le rassembler et le passage, dans un entre deux fabriqué qui lui donne un brillant qu'il n'a jamais eu à cette allure. Trempée, les adducteurs brûlants et les abdominaux contractés, je ne sens pourtant pas la douleur, simplement l'effort.
Vient le tour du galop, mon étalon se contracte, les barrières qui viennent d'être installées au fond du manège sont un bon prétexte, mais, concentrée sur ma technique uniquement, je ne lui laisse pas prise. Chaque exercice passe, les figures s'enchaînent, chaque fois Dolf augmente son degré d'exigence, je ne veux pas que cela s'arrête, je suis en train de comprendre trop de choses ...
En sortant du manège, je sais que nous avons franchi une étape. Cela faisait un mois que nous avancions ensemble, seuls dans l'ombre des manèges, j'avais besoin de voir comment nous allions nous comporter lors d'une nouvelle rencontre avec le monde extérieur. Le résultat m'a donné le sourire et, surtout, m'a rappelé pour quelle raison j'avais choisi ce sport où l'homme ne peut en aucun cas compter que sur lui ...
Parce qu'enfin nous formons un véritable couple.




