parce que le facteur "cheval" fait de notre sport, le plus magique qui soit.

Depuis que Donatello est arrivé à la maison, mes liens avec Joeris se sont resserrés, je nous regarde différemment, avec plus de recul, de légèreté, et surtout de douceur. Notre relation change, il ne me fait plus peur, j'ai l'impression de le connaître par c½ur, finie cette sensation de monter le cheval de quelqu'un d'autre, nous formons un couple à part entière.

28 décembre, comme chaque fin d'année, Dolf Keller vient faire travailler les Juniors et Jeunes Cavaliers, nous sommes les premiers à renter en piste. Joeris est chaud, très chaud, mais au lieu de le calmer Dolf me demande de le faire monter en pression d'un cran encore. Je me déplace dans une sorte de nuage de vapeur, résultat d'un contraste étonnant entre le froid glacial qui nous entoure et la chaleur que nous dégageons tous deux.

Joeris trotte merveilleusement bien, à mi-chemin entre le rassembler et le passage, dans un entre deux fabriqué qui lui donne un brillant qu'il n'a jamais eu à cette allure. Trempée, les adducteurs brûlants et les abdominaux contractés, je ne sens pourtant pas la douleur, simplement l'effort.

Vient le tour du galop, mon étalon se contracte, les barrières qui viennent d'être installées au fond du manège sont un bon prétexte, mais, concentrée sur ma technique uniquement, je ne lui laisse pas prise. Chaque exercice passe, les figures s'enchaînent, chaque fois Dolf augmente son degré d'exigence, je ne veux pas que cela s'arrête, je suis en train de comprendre trop de choses ...

En sortant du manège, je sais que nous avons franchi une étape. Cela faisait un mois que nous avancions ensemble, seuls dans l'ombre des manèges, j'avais besoin de voir comment nous allions nous comporter lors d'une nouvelle rencontre avec le monde extérieur. Le résultat m'a donné le sourire et, surtout, m'a rappelé pour quelle raison j'avais choisi ce sport où l'homme ne peut en aucun cas compter que sur lui ...

Parce qu'enfin nous formons un véritable couple.

parce que le facteur "cheval" fait de notre sport, le plus magique qui soit.

# Posté le jeudi 03 janvier 2008 04:51

Modifié le jeudi 03 janvier 2008 05:12

Mistral, le vent de l'espoir.

Mistral, le vent de l'espoir.


Parce que janvier représente l'arrivée d'un splendide étalon lusitanien dénommé Mistral du Coussoul ...



Parce qu'il m'a redonné le sourire dès l'instant où je me suis hissée sur son dos ...



Parce que je retrouve en lui certains traits de caractère si chers à Donatello ...



Parce que nous portons tous les deux le nom d'un vent ...



Parce qu'il représente demain ...



Notre demain.

# Posté le mardi 18 décembre 2007 07:44

Modifié le mercredi 26 décembre 2007 03:43

Parce que demain nous ferons comme hier ...

Parce que demain nous ferons comme hier ...



Dans le flou depuis la rentrée septembre, je sais désormais que je ferai ma dernière saison de Jeunes Cavaliers en compagnie de Joeris. L'histoire n'est donc pas finie, à nous de rouvrir cette page que j'avais tournée.

Notre futur sera cependant légèrement différent car mon bel étalon noir fera avant tout la saison avec Guillaume, le fils de Philippe. Je le monterai donc au pied levé sur quelques épreuves afin de nous qualifier pour les Championnats de France.

Je devrais être heureuse et pourtant j'ai peur. Peur de monter ce cheval compliqué en épreuve uniquement, peur de ne pouvoir faire mieux que l'année dernière car nous ne travaillerons plus ensemble, peur d'échouer.

Je ne veux pas que cette histoire se termine sur une fausse note, mais je crains que nous nous engagions dans une partie de poker dont les cartes sont truquées ... Aujourd'hui pourtant, il était magique, aujourd'hui pourtant, j'en suis redescendue avec des étoiles dans les yeux.

Parce que je sais que notre réussite est à portée de main mais qu'il nous manque la dernière pièce du puzzle ...

# Posté le lundi 26 novembre 2007 11:04

Modifié le mardi 04 décembre 2007 16:11

C'est dans les moments difficiles que l'on puise nos forces.

C'est dans les moments difficiles que l'on puise nos forces.
Parce qu'il y a des jours où certains rêves presque concrétisés s'effondrent, des jours où l'on sait que notre place est auprès de ceux que l'on aime le plus au monde et non à l'autre bout de la France, des jours où un accident de voiture nous permet de réaliser que la vie ne tient qu'à un petit fil fragile et que l'on a encore tant de choses à faire avant de partir ...

La tête ailleurs, les yeux humides, on réalise que l'on se trouve au pied d'un mur immense que l'on aimerait escalader car de l'autre côté, à quelques mètres à peine, se trouve cet El Dorado auquel on aspire tant. Hélas, les mains auxquelles on se raccroche pour franchir les derniers mètres qui nous séparent de cet idéal que l'on caresse déjà du bout des doigts nous lâchent systématiquement dans la dernière ligne droite. Chaque fois la chute est plus dure, chaque fois le mur semble de plus en plus lisse et glissant ... chaque fois pourtant, on aimerait faire confiance à cette nouvelle main qui se tend vers nous en espérant que celle-ci ne nous abandonnera pas.

Et puis, alors que nos forces nous abandonnent et que les larmes de fatigue coulent, il suffit d'une photo, d'un regard, celui d'un petit cheval à la bouille d'ange qui a repris goût à la vie, pour relever la tête et dire haut et fort qu'un jour la main à laquelle on s'accrochera sera la bonne et nous permettra de passer de l'autre côté du mur.

Parce que j'ai la chance d'avoir une famille soudée qui m'a toujours appris à me battre et que je ne baisserais jamais les bras. Parce que lui, Donatello, dans un dernier effort, il a accepté la main que je lui tendais. Parce que demain vaut la peine de tomber encore pour se relever plus fort !

# Posté le lundi 19 novembre 2007 10:25

Le phoenix renaît de ses cendres.

Le phoenix renaît de ses cendres.
Il y a de cela quelques mois nous ne savions pas combien de jours il lui restait à vivre, aujourd'hui nous reprenons le trot sur des cercles de 20 mètres, tranquillement, gentiment, patiemment.

Donat est en pleine forme, aussi poilu que nos shetlands, il se roule dans l'argile avec un plaisir non dissimulé et passe ses journées en compagnie de Frisson. Ensemble, ils font monter cette rumeur qui fait trembler le sol, le bruit d'un galop passionné, d'une course folle, d'un géant qui redécouvre la liberté.

De retour à la maison le temps d'un week end, nous nous sommes accordés des petits moments de bonheur tous les deux. Le voyant heureux et gai, je lui ai prudemment posé la selle sur le dos et nous avons commencé à marcher au pas. J'ai ainsi redécouvert cette incroyable sensation du centaure que je ne partage qu'avec lui, ce petit je ne sais quoi en plus qui fait que chaque instant passé sur son dos, aussi banal soit il, devient magique. Nous avons ensuite pris le trot, un tout petit trot très lent, serein, juste pour sentir cette masse de muscles se réveiller doucement d'un sommeil qui aura duré un an.

Nous avons recommencé l'expérience lors des deux jours suivants. Jamais plus de 20 minutes, sans le moindre effort, sans l'ébauche d'un exercice, simplement du pas et quelques instants de trot. Mais déjà Donat se réveille, je le vois du coin de l'½il, il cherche à faire une bêtise, nous sommes repartis à jouer, ses postérieurs s'activent, il commence à prendre de l'amplitude, le moteur s'est remis en marche. Je ne lui demande rien, il reprend simplement confiance en lui, le grand Donatello du Rivau est de retour.

Doudou a repris le chemin de son pré. Je continuerai à le monter chaque fois que je reviendrai à la maison, peut être que la prochaine fois nous pourrons faire quelques foulées de galop, peut être que nous devrons attendre encore un peu, c'est lui qui me le dira, il est le seul à connaître ses limites, je le laisserai décider ...

En tout cas une chose est sûre, c'est que cette petite lumière du cheval fier et pétillant de vie brille à nouveau dans ses yeux, et je sais qu'elle n'est pas prête de s'éteindre ...

# Posté le mardi 06 novembre 2007 07:38

Modifié le mardi 06 novembre 2007 11:47