« Je vais bien ne t'en fais pas » ... 2008 commence en beauté.

« Je vais bien ne t’en fais pas » … 2008 commence en beauté.
Premier jour de l'année, je mets le pied à l'étrier et me hisse sur le dos de mon Donatello. A peine assise, mon gros Doudou ronfle déjà, la queue sur le dos, les oreilles pointées, attendant le moindre prétexte pour sauter en l'air.

Après un début de séance au rythme de ses ronflements sonores dignes de ceux d'un poulain de 3 ans, Donat commence à se détendre. Nous trottons en ligne droite et sur de grandes diagonales, il se déplace comme un seigneur, ses sabots martelant le sol de leur douce cadence.

Après une longue pause, je décide de tenter quelques foulées de galop. Nous changeons de main, le changement de pied passe avec beaucoup de facilité. C'est alors que je tente de recommencer l'exercice mais, sans que je ne lui demande quoi que ce soit, Donatello part dans une ligne de changement de pied au temps. Surprise, nous repartons à l'autre main et, à nouveau, Doudou part dans une ligne au temps, comme par enchantement, avec une facilité déconcertante. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 ... Chaque changement est de plus en plus ample, chaque diagonale est plus longue, je ne l'arrête plus, les oreilles devant, il joue, fier, heureux, il retrouve toutes ses lettres de noblesse.

Soucieuse de ne pas le faire forcer, je décide de le repasser au pas et de le laisser gentiment brouter l'herbe qui jonche le sol de notre carrière. Donat est serein, il ne souffle pas, ses poils sont secs.

Il aura travaillé sans le moindre stress, le moindre effort, comme un cheval qui n'aurait jamais été arrêté ... Pourtant, il revient de loin, pourtant il y a six mois, les vétérinaires ne lui donnaient que quelques jours à vivre ...


# Posted on Monday, 14 January 2008 at 2:30 PM

parce que le facteur "cheval" fait de notre sport, le plus magique qui soit.

Depuis que Donatello est arrivé à la maison, mes liens avec Joeris se sont resserrés, je nous regarde différemment, avec plus de recul, de légèreté, et surtout de douceur. Notre relation change, il ne me fait plus peur, j'ai l'impression de le connaître par c½ur, finie cette sensation de monter le cheval de quelqu'un d'autre, nous formons un couple à part entière.

28 décembre, comme chaque fin d'année, Dolf Keller vient faire travailler les Juniors et Jeunes Cavaliers, nous sommes les premiers à renter en piste. Joeris est chaud, très chaud, mais au lieu de le calmer Dolf me demande de le faire monter en pression d'un cran encore. Je me déplace dans une sorte de nuage de vapeur, résultat d'un contraste étonnant entre le froid glacial qui nous entoure et la chaleur que nous dégageons tous deux.

Joeris trotte merveilleusement bien, à mi-chemin entre le rassembler et le passage, dans un entre deux fabriqué qui lui donne un brillant qu'il n'a jamais eu à cette allure. Trempée, les adducteurs brûlants et les abdominaux contractés, je ne sens pourtant pas la douleur, simplement l'effort.

Vient le tour du galop, mon étalon se contracte, les barrières qui viennent d'être installées au fond du manège sont un bon prétexte, mais, concentrée sur ma technique uniquement, je ne lui laisse pas prise. Chaque exercice passe, les figures s'enchaînent, chaque fois Dolf augmente son degré d'exigence, je ne veux pas que cela s'arrête, je suis en train de comprendre trop de choses ...

En sortant du manège, je sais que nous avons franchi une étape. Cela faisait un mois que nous avancions ensemble, seuls dans l'ombre des manèges, j'avais besoin de voir comment nous allions nous comporter lors d'une nouvelle rencontre avec le monde extérieur. Le résultat m'a donné le sourire et, surtout, m'a rappelé pour quelle raison j'avais choisi ce sport où l'homme ne peut en aucun cas compter que sur lui ...

Parce qu'enfin nous formons un véritable couple.

parce que le facteur "cheval" fait de notre sport, le plus magique qui soit.

# Posted on Thursday, 03 January 2008 at 4:51 AM

Edited on Thursday, 03 January 2008 at 5:12 AM

Mistral, le vent de l'espoir.

Mistral, le vent de l'espoir.


Parce que janvier représente l'arrivée d'un splendide étalon lusitanien dénommé Mistral du Coussoul ...



Parce qu'il m'a redonné le sourire dès l'instant où je me suis hissée sur son dos ...



Parce que je retrouve en lui certains traits de caractère si chers à Donatello ...



Parce que nous portons tous les deux le nom d'un vent ...



Parce qu'il représente demain ...



Notre demain.

# Posted on Tuesday, 18 December 2007 at 7:44 AM

Edited on Wednesday, 26 December 2007 at 3:43 AM

Parce que demain nous ferons comme hier ...

Parce que demain nous ferons comme hier ...



Dans le flou depuis la rentrée septembre, je sais désormais que je ferai ma dernière saison de Jeunes Cavaliers en compagnie de Joeris. L'histoire n'est donc pas finie, à nous de rouvrir cette page que j'avais tournée.

Notre futur sera cependant légèrement différent car mon bel étalon noir fera avant tout la saison avec Guillaume, le fils de Philippe. Je le monterai donc au pied levé sur quelques épreuves afin de nous qualifier pour les Championnats de France.

Je devrais être heureuse et pourtant j'ai peur. Peur de monter ce cheval compliqué en épreuve uniquement, peur de ne pouvoir faire mieux que l'année dernière car nous ne travaillerons plus ensemble, peur d'échouer.

Je ne veux pas que cette histoire se termine sur une fausse note, mais je crains que nous nous engagions dans une partie de poker dont les cartes sont truquées ... Aujourd'hui pourtant, il était magique, aujourd'hui pourtant, j'en suis redescendue avec des étoiles dans les yeux.

Parce que je sais que notre réussite est à portée de main mais qu'il nous manque la dernière pièce du puzzle ...

# Posted on Monday, 26 November 2007 at 11:04 AM

Edited on Tuesday, 04 December 2007 at 4:11 PM

C'est dans les moments difficiles que l'on puise nos forces.

C'est dans les moments difficiles que l'on puise nos forces.
Parce qu'il y a des jours où certains rêves presque concrétisés s'effondrent, des jours où l'on sait que notre place est auprès de ceux que l'on aime le plus au monde et non à l'autre bout de la France, des jours où un accident de voiture nous permet de réaliser que la vie ne tient qu'à un petit fil fragile et que l'on a encore tant de choses à faire avant de partir ...

La tête ailleurs, les yeux humides, on réalise que l'on se trouve au pied d'un mur immense que l'on aimerait escalader car de l'autre côté, à quelques mètres à peine, se trouve cet El Dorado auquel on aspire tant. Hélas, les mains auxquelles on se raccroche pour franchir les derniers mètres qui nous séparent de cet idéal que l'on caresse déjà du bout des doigts nous lâchent systématiquement dans la dernière ligne droite. Chaque fois la chute est plus dure, chaque fois le mur semble de plus en plus lisse et glissant ... chaque fois pourtant, on aimerait faire confiance à cette nouvelle main qui se tend vers nous en espérant que celle-ci ne nous abandonnera pas.

Et puis, alors que nos forces nous abandonnent et que les larmes de fatigue coulent, il suffit d'une photo, d'un regard, celui d'un petit cheval à la bouille d'ange qui a repris goût à la vie, pour relever la tête et dire haut et fort qu'un jour la main à laquelle on s'accrochera sera la bonne et nous permettra de passer de l'autre côté du mur.

Parce que j'ai la chance d'avoir une famille soudée qui m'a toujours appris à me battre et que je ne baisserais jamais les bras. Parce que lui, Donatello, dans un dernier effort, il a accepté la main que je lui tendais. Parce que demain vaut la peine de tomber encore pour se relever plus fort !

# Posted on Monday, 19 November 2007 at 10:25 AM